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Diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) option design

Résumé de la formation

  • Type de diplôme : Autres dipl. nationaux niv. form. bac+5
  • Niveau d'étude visé : BAC +5
  • Domaine d'étude : Arts plastiques - Arts appliqués - Design, Histoire de l’art
  • Crédits ECTS : 300

Domaine : Arts, Lettres, Langues

Accessible en :

  • Formation initiale

Présentation

Présentation

1er cycle

année 1

Le cursus en première année permet de poser les bases de la spécificité de l’enseignement en école d’art et de la pluralité des approches. Cette année est le socle de la relation théorie/pratique (méthodologie, histoire de l’art, initiation ateliers). Elle se double d’une initiation largement ouverte aux aspects les plus variés de la création contemporaine. Il s’agit autant d’apprendre et de maîtriser les bases techniques et théoriques nécessaires à l’élaboration d’un projet créatif ambitieux que de nourrir ce projet de sa propre relation au monde. Les questions les plus actuelles rejoignent celles posées à travers l’histoire de l’art dans un dialogue constructif afin de mettre en perspective l’engagement de chacun.

À l’isdaT, les étudiants suivent différents enseignements obligatoires qui leur permettront de choisir leur option dès l’année 2 :

  • un enseignement technique et pratique en atelier : dessin-gravure-couleur-sérigraphie, peinture, volume-espace, pratiques numériques, photographie, son et vidéo ;
  • un enseignement théorique : philosophie, histoire de l’art, approches du cinéma, méthodologie de la recherche, méthodologie de l’analyse et de la rédaction, et langues ;
  • des présentations collectives de travaux ;
  • des conférences, des workshops, des voyages, et des journées d’études.

Enfin, avant le bilan de fin d’année, les étudiants présentent un dossier personnel appelé « document », qui témoigne des acquis des deux semestres et reflète leurs engagements et leurs motivations à s’inscrire dans un parcours plus long. Lors de la traversée de ces deux semestres, un accent particulier est mis sur les deux enseignements de méthodologie, l’un concernant l’acquisition des aptitudes requises pour une recherche documentaire, l’autre la rédaction d’analyses d’œuvres et de textes d’intention liés à une pratique personnelle.

années 2 et 3

Le travail des trois années conduisant au Diplôme National d’Arts Plastiques (qui deviendra Diplôme National d’Art en 2018) permet à l’étudiant de développer :

  • la connaissance et la compréhension des questionnements traversant la création artistique tant du point de vue théorique que du point de vue plastique,
  •  l’expérimentation plastique à travers la diversité des médiums,
  • La connaissance du tissu professionnel à travers stages, rencontres avec intervenants extérieurs et projets en partenariats,
  • la capacité à relever, analyser et utiliser des éléments esthétiques et conceptuels en rapport avec son propre domaine de recherche,
  • la capacité à apprécier l’enjeu du travail, à le présenter et soutenir une argumentation raisonnée,
  • l’ouverture à un champ de recherche artistique susceptible d’être exploré dans un projet personnel et par une démarche requérant un fort degré d’autonomie.

2nd cycle

En 2nd cycle, les objectifs portent essentiellement sur la qualité professionnelle des productions et de leurs conditions de visibilité ainsi que sur l’intelligence d’une inscription artistique, historique et philosophique. Il s’agit de renforcer l’élaboration d’un parcours de pensée et de travail conduisant à l’autonomie complète de l’étudiant lors du passage du DNSEP. À ce stade, il devra être capable de développer une démarche autonome lui permettant d’intégrer des éléments nouveaux à sa recherche.

Au niveau du DNSEP sont requises les qualités suivantes :

  • capacité à réaliser des travaux plastiques témoignant d’une maîtrise de techniques et technologies acquises durant le cursus ;
  • connaissance et compréhension d’un domaine d’étude de niveau supérieur, inscrit dans un contexte de recherche, apportant la preuve de développement personnel et d’originalité ;
  • capacité à utiliser ces connaissances et cette compréhension de manière synthétique, dans un contexte élargi (sciences, espace social..) en relation avec le champ de l’art ;
  • capacité à articuler des éléments complexes, à formaliser des positionnements incluant une réflexion nuancée quant à la situation de l’artiste dans les domaines artistiques, sociaux, politiques ; capacité à mettre en forme et à communiquer ces réflexions et à les formuler de manière claire ;
  • développement des compétences nécessaires à la poursuite de recherches pouvant s’inscrire dans une démarche doctorale ;
  • capacité à connaître et valoriser ses savoirs et compétences dans les milieux professionnels.

Objectifs

"Le design, entre enjeux politiques et critiques. Une fabrique d’idées et de projets pour affirmer un positionnement sur ce qu’est le design et ce qu’il peut apporter à la société.”

L’enseignement du design est pensé à l’isdaT sous cette affirmation. La pédagogie donne accès aux champs de connaissances qui traitent de l’ensemble des contextes sociétaux contemporains, et promeut l’ouverture à une grande diversité de pratiques, que celles-ci soient orientées vers la recherche ou des exercices professionnels variés. Par un mode transdisciplinaire, sont développées des problématiques sociales, politiques et économiques, centrées autour de « l’humain » et la notion de « fabrication ».

Les cadres dans lesquels le design intervient ne cessent de se diversifier dans une société traversée de transformations hétérogènes, complexes, en accélération constante. Son enseignement ne se limite ainsi plus aux seuls champs traditionnels de l’objet et de l’espace, mais se saisit de concepts et questionnements déterminants, en débat aujourd’hui. Il développe un corpus de réflexions, méthodologies et outils, scientifiques et critiques, qui sondent les conditions d’existence (local/global/glocal), et les états d’être au monde de l’individu. Associé à des disciplines connexes (art, architecture, urbanisme, paysage,…) ou éloignées (biologie, neurosciences,…), il engage des réflexions sur des usages avérés, émergents ou prospectifs, qui questionnent des notions d’échelles, de temporalités et d’économies, et permettent d’expérimenter les diverses matérialités et modes de productions des projets.

Dans cette perspective, l’isdaT développe une approche dialectique, en s’associant avec des institutions (universités, centres d’art, Institut de la Ville…), des structures associatives et artisanales.

Admission

Condition d'accès

en année 1

conditions d’accès au concours

L’admission en année 1 se fait par concours ouvert aux titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme équivalent. Le jury peut admettre, à titre exceptionnel, la candidature de non-bacheliers. Ces derniers doivent justifier d’une pratique personnelle affirmée et déposer une demande de dérogation auprès du directeur de l’établissement en contactant préalablement le secrétariat pédagogique.

le concours

Le concours d’entrée comporte plusieurs épreuves écrites : culture générale, épreuve de dessin, langue vivante et une épreuve orale de présentation d’un dossier de travaux personnels. Parmi les critères, sont retenus la motivation, les compétences artistiques, la réflexion théorique, l’ouverture sur le monde contemporain.

frais de scolarité

Pour information, le montant des frais de scolarité s’élevait à 250 euros pour l’année 2015-2016, auquel il faut ajouter la cotisation à la sécurité sociale et l’assurance de responsabilité civile. Plus d’informations sur les bourses et la sécurité sociale.

en cours de cursus

conditions d’admission

Pour être recevables à l’admission en 1er cycle (semestres 3 et 5) ou en 2nd cycle (semestres 7 et 9) en option art, design graphique ou design, les candidats doivent justifier respectivement de 60, 120, 180 et 240 crédits européens :

1 – Obtenus en France dans le cadre d’un enseignement supérieur suivi :

  • dans un établissement d’enseignement supérieur public ;
  • dans un établissement d’enseignement privé, à la condition que cet établissement ait été reconnu par l’État ou que le cycle d’études suivi par le candidat dans le dit établissement soit sanctionné par un titre inscrit au répertoire national des certifications professionnelles au même niveau ;

2 – Obtenus dans un autre État membre de l’Union européenne ou dans un autre État dans le cadre d’études suivies dans un établissement d’enseignement supérieur appliquant les règles de l’Espace européen de l’enseignement supérieur. Une pratique de la langue française correspondant au niveau B2 du cadre commun de référence est requis pour l’entrée en années diplômantes. Pour les autres années, la maîtrise de la langue française est requise.

3 – Pour les diplômes obtenus hors de l’Union européenne ou d’un État partie à l’accord sur l’Espace économique européen, ces derniers feront l’objet d’un contrôle de leur comparabilité avec les diplômes français.

commission d’admission

Après une présélection des dossiers, les candidats sont invités à un entretien oral avec un jury de professeurs devant lequel ils soutiennent leur dossier de travaux personnels.

frais de scolarité

Le montant des frais de scolarité s’élève à 250 euros pour l’année 2015-2016, auquel il faut ajouter la cotisation à la sécurité sociale et l’assurance de responsabilité civile. Plus d’informations sur les bourses et la sécurité sociale.

Programme

Contenu de la formation

Le design recouvre un champ d’action pluriel, il touche aussi bien aux environnements urbains, aux objets peuplant les espaces domestiques et publics, qu’à ce qui se joue "entre eux". Afin d’appréhender l’étendue de ses domaines d’investigation, il n’est pas rare que l’enseignement du design se divise en spécialités. On parle alors de "design d’espaces", de "design d’objets" de "design de services", etc. Cette segmentation du design en spécialités diverses ne va pas sans poser problème et tend à sous-estimer les relations existant entre ces différents champs d’activité. Ainsi dans l’environnement technique actuel, les nouveaux espaces urbains sont par exemple étroitement liés à l’apparition d’objets complexes, eux-mêmes porteurs de services ou de nouveaux usages.

Pour une approche dé-spécialisée
Partant de ces considérations, ce qui fut et qui restera l’une des spécificités de l’option design à l’isdaT réside d’abord dans une volonté de se soustraire à une organisation de l’enseignement par spécialités. Ce qui fait la singularité de cette école tient notamment au fait que le design y soit pensé avant tout comme un état d’être au monde, comme une attitude, nourrie de la prise en compte des milieux, attentive aux manières de faire "le plus possible avec, le moins possible contre" (pour reprendre une formule du paysagiste et jardinier Gilles Clément). Aujourd’hui une personne qui s’engage dans une activité de designer se doit de composer avec un extérieur au sein duquel les ressources ne sont pas inépuisables. Il convient donc d’appréhender le design en prenant en compte cette donne autrement que sous l’angle limitatif du réemploi et du recyclage 

La part critique
Une autre caractéristique de l’enseignement du design tel qu’il est pensé à l’isdaT réside dans la perspective critique adoptée à l’encontre de certaines manières de penser et de pratiquer le design largement répandues aujourd’hui : cette critique porte sur un design entièrement subordonné à des intérêts économiques, un design au service d’une organisation productiviste et marchande. Cette conception du design s’accompagne généralement d’une volonté de maîtrise de la part d’un designer-spécialiste qui aurait la charge de déterminer des usages pour les non-producteurs, de prescrire des comportements, ceci afin de pourvoir une société utilitariste en commodités, opérant par là une scission nette entre producteurs et consommateurs. Cette façon de voir n’est pas sans effets sur les humains que nous sommes. Elle les dissuade de procéder à des ajustements de leur cadre matériel d’existence. En découle une indifférence, une inattention aux espaces et aux objets qui nous environnent. Le design tel qu’il s’enseigne à l’isdaT cherchera d’autres orientations, il veillera à faire primer les intérêts humains sur la recherche du profit et de l’avantage concurrentiel, à prendre soin des hommes et de ce qui les environne.

Décloisonnement disciplinaire
Il s’agira de penser et de produire des objets, des situations, des espaces pour lesquels faits et gestes n’ont pas été entièrement déterminés d’avance. Des objets, des situations, des espaces qui ouvrent vers des pratiques, qui considèrent les non-producteurs comme des hommes capables d’effectuer des choix, d’opérer des réglages. Des situations, objets, espaces ou encore interfaces au sein desquels on aurait ménagé à l’autre des marges d’indétermination.

Chemin faisant, il ne s’agira pas de penser le design en dehors de toute économie mais de repenser la relation du design à l’économie. Partant de ce désir, des personnalités extérieures reconnues pour penser des alternatives aux modèles économiques dominants (tenants de l’économie contributive, de l’économie collaborative, social et solidaire, etc.) viendront ponctuellement rejoindre l’équipe enseignante. 

C’est en se frottant aux champs de l’art, de l’architecture, de l’urbanisme, de la scénographie, mais aussi des sciences humaines et de la philosophie que les designers en devenir parviendront à affiner telle ou telle hypothèse de travail.

La part sensible
L’homme est un être sensible. C’est par son expérience sensible du monde que les objets, espaces ou situations lui parviennent. Ainsi, par un soin accordé aux qualités sensibles des objets produits, le design peut être à même de rendre l’homme plus conscient, vif et alerte quant aux mondes qui l’entourent. "Il n’y a pas de conscience politique aveugle" disait le cinéaste Jean-Marie Straub. Ici des enjeux politiques — être plus lucide sur ce qui nous entoure, être au fait des spécificités de notre époque et pouvoir ainsi en parler — rencontrent des enjeux esthétiques. 

Cette rencontre invite à considérer ensemble "idéaux" politiques et questions liées aux formes des objets.

La part du faire : l’espace des fabriques
Il importe que ces orientations puissent rencontrer des façons de faire. Ainsi contrairement à toute une tendance du design qui tend à faire prévaloir la phase d’idéation sur la phase d’effectuation, le design tel qu’il est pensé à l’isdaT ne se situe pas dans un au-delà du faire. 

L’intention initiale doit pouvoir rencontrer des conditions matérielles, un dialogue entre l’outil et la matière, entre une idée et des conditions de productions spécifiques doit pouvoir avoir lieu, dans l’interférence des modes de production artisanaux, industriels et artistiques. L’atelier est de ce point de vue un point névralgique de l’enseignement du design à l’isdaT. Dans ces ateliers, les étudiants doivent pouvoir faire des aller-retours entre les outils et les matériaux traditionnels et des techniques plus récentes. Il importe qu’ils entretiennent tout au long de leur parcours d’étude un questionnement sur les avancées techniques de leur époque, qui modifient des manières de faire, déplacent des gestes et ouvrent des champs d’expérience inédits. C’est notamment par l’endurance de gestes et d’outils que les étudiants pourront acquérir une meilleure connaissance des propriétés de la technique à partir de laquelle commence le travail du design.

Cultiver le sens de l’observation
Se donner comme ambition de composer avec le milieu, de faire avec l’existant requiert un sens développé de l’observation. Au cours de leur parcours, les étudiants seront à diverses occasions — dans les enseignements pratiques et dans les enseignements théoriques — amenés à développer et à affiner cette faculté indispensable à toute démarche de design. Au travers d’études de cas qui leur seront demandées, ils seront invités à essayer divers modes d’observation, et à éprouver des méthodologies d’enquêtes multiples. Cette étape d’observation est un préalable nécessaire pour mener une analyse de contexte et constitue une manière d’entrer dans le projet. Elle pourra prendre la forme du reportage, de l’entretien, du montage d’images et de textes et à l’occasion de la fiction.

Éveiller un sens critique
Le second cycle repose sur des enseignements susceptibles de mettre en place les conditions favorables à l’émergence d’un sens critique. L’étudiant doit pouvoir être en mesure d’apprécier et de mettre en œuvre divers procédés de fabrication et de production mais aussi de pouvoir distinguer dans les diverses manières de faire, celles qui seraient soutenables de celles qui le seraient moins, en procédant par exemple à la remise en question d’un cahier des charges. Ce sens critique (du grec krinein : "trier, séparer") sera régulièrement sollicité dans le cadre des différents cours et ateliers proposés, qui constitueront des moments privilégiés pour s’initier à la mise en tension d’idées et de discours aussi bien que de manières de faire et de voir.

évaluation

Tous les cours sont obligatoires. La participation et la présence entrent dans l'évaluation. Les cours spécifiques feront l'objet d'un rendu dont les modalités seront précisées dans la fiche présentant son contenu ou par l'enseignant en début d'année. Les crédits sont attribués par les enseignants réunis en conseil des professeurs à partir des éléments du contrôle continu et des mises en espace.

Stages

Les stages de mobilité sont vivement encouragés. Les stages, qu’ils soient de longue durée (Erasmus, Shanghai, etc.) ou plus ponctuels sont toujours choisis, déterminés en concertation entre l’étudiant et le collège des enseignants en vue d’assurer à l’étudiant le maximum d’apport et d’ouverture pédagogique à son projet personnel. Un protocole de relations régulières (convention) est mis en place contractuellement de façon à ce que l’étudiant puisse faire part des éléments d’avancement de son projet au fur et à mesure de l’évolution de celui-ci et que, donc, le corps enseignant puisse en être avisé et soit capable de réagir avec pertinence (il est à noter que le coordonnateur (ou bien un enseignant délégué parmi la collégiale) gère les relations avec les étudiants en stage de mobilité). 

Les périodes les plus favorables pour effectuer ces stages sont les semestres 7 ou 8. Les stages sont des moments forts d’exposition à la nouveauté, à la différence, ils sont ruptures et cela est salutaire à l’étudiant. Les stages fabriquent de l’autonomie. Ils sont un temps de rencontre avec un milieu autre (langue, culture, expériences, etc.) que celui que l’étudiant pratique usuellement.

Et après ...

Perspectives professionnelles

Il est reconnu que la formation, à la fois polyvalente et spécifique en école d’art, associée à un enseignement favorisant l’autonomie, la mobilité et la proximité avec les milieux professionnels, est adaptée à un marché du travail en pleine mutation. Une étude menée par l’Office de la Vie Étudiante sur la vie professionnelle des diplômés de l’isdaT beaux-art 2009-2012 témoigne d’un taux élevé d’insertion entre 72 % et 100 % trente mois après l’obtention du DNSEP selon les options.

Les cinq années conduisant au DNSEP design donnent accès à la poursuite d’études en école d’architecture ou en cycle III et/ou à un large éventail de métiers : designer, designer d’objets, designer mobilier, designer produit, designer textile, designer sonore, concepteur sonore, compositeur, programmateur de dispositifs scéniques en lumière et son, paysagiste, architecte d’intérieur, dessinateur technique, chef de projet dans une agence de design ou d’architecture, prototypiste, maquettiste, designer chercheur, artiste.

Lieu d'enseignement

  • Toulouse